Le Cabaret Noir

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 Lilith et la rebellion contre le patriarcat

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Seytahn
Lilithieuse d'Abred
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MessageSujet: Lilith et la rebellion contre le patriarcat   Lun 14 Fév - 22:59

Boudhiou ! A chaque fois que je lis des articles sur Lilith je tombe sur le cul !

Là je mets tout en vrac, je prendrai le temps de le lire en profondeur la semaine prochaine.

Entrevue avec Françoise Grange sur son livre "les Dieux menteurs", des extraits vite fait :
Citation :
Les vénus préhistoriques sont-elles aussi des représentations d’un Divin Féminin ?

FG_ On les a appelées des vénus, car en Patriarcat on voit toujours la femme comme celle qui donne du plaisir. Ce qui est une idée qui n’est pas fausse sauf que la femme n’est pas là seulement pour procurer du plaisir à l’homme, elle n’est pas un instrument, elle, aussi, jouit. Or on ne parle pas beaucoup de jouissance féminine en patriarcat. La hiérogamie, cette union des deux principes féminin et masculin, est l’acte le plus sacré. On a retrouvé de très beaux chants de la hiérogamie primitive à Sumer. On se rencontre que la hiérogamie va ensuite s’adapter aux premiers temps de l’ordre patriarcal. La prêtresse deviendra la prostituée. Dans un premier chant, la prêtresse est le centre vers lequel se dirige l’homme. Il vient vers elle. C’est très beau. Elle l’appelle mon porte-fleur, mon porte-fruits etc. Elle lui dit, Tu vas mourir car tu as caressé ma vulve. Apparemment, on ne comprend pas quel est le lien entre cet amour et la mort. Puis on s’aperçoit que l’amour sacré se terminait par le sacrifice de l’amant. Il faut savoir que cette époque ne connaissait pas la guerre. Par contre, elle connaissait le sacrifice rituel de l’amant consort, un sacrifice réel et non pas symbolique. La grande prêtresse incarnait le Divin sur terre. En s’approchant d’elle, l’amant passait de la condition humaine à la condition divine, il s’introduisait dans la Porte du Divin. Il y avait cette croyance qu’il mourait au monde pour renaître divin dans une autre vie. On disait qu’il renaissait comme serpent oraculaire qui rapporte les prophéties du ventre de la terre.

Quelles sont les grands symboles de ce Divin Féminin ?

Il y a une Américaine qui a fait un travail remarquable mais qui est malheureusement décédée aujourd’hui. C’est Maria Djimboutas. Elle a fait un énorme travail de décryptage de tout ce symbolisme féminin existant sur les objets archéologiques. On y trouve la vulve, la représentation la plus sacrée et la toute première de l’humanité. Elle est représentée comme un rond, une noix fendue ou comme un triangle. Ce triangle devient aussi la porte. On retrouve ces mêmes symboles à Sumer. C’est la même représentation du triangle divin, comme dans les Cyclades, en Afrique, ou encore en Inde dans les vieilles civilisations de Mohanjo Daro etc. Un autre symbole important est celui de l’oiseau car la Déesse est souvent représentée par un oiseau. On retrouvera cet oiseau dans la Christianisme et dans la Gnose. L’oiseau, c’est l’esprit qui vient visiter Jésus. Le rôle de l’oiseau est très fort dans les mythes écrits de Sumer. On voit souvent le héros magnifique, Gilgamesh, qui va combattre, non pas la Déesse mais le vilain oiseau, l’oiseau monstrueux. On retrouvera après ces oiseaux de mauvaise augure que va combattre Héraclès. Après encore, Lilith la démone sera représentée comme la chouette, l’oiseau de nuit. On assiste ici à l’inversion complète des symboles où l’oiseau du jour, de lumière, devient l’oiseau maléfique, l’oiseau de nuit. Ainsi, avec la montée des Dieux patriarcaux, la Déesse sera transformée en démone.

Pourquoi cet acharnement du masculin à dominer ?

FG_ Après avoir bien étudié tous ces mythes de Sumer, je crois qu’au départ, le révolté de l’histoire patriarcale c’est Gilgamesh. Il y a aussi d’autres figures masculines comme Baal etc. Gilgamesh, donc, tue la Grande Prêtresse. Il tue l’oiseau et devient la premier roi permanent de l’histoire. Le mythe est très clair. Gilgamesh traverse des mers démontées et s’approche de l’oiseau. Alors l’oiseau veut l’emmener à sa couche. On comprend que c’est une femme, une Grande Prêtresse qui veut pratiquer la hiérogamie, comme cela s’est toujours fait. Je crois que la révolte masculine vient du fait que l’idéologie change et que Gilgamesh ne veut pas mourir pour les beaux yeux d’une femme. A un moment de l’histoire, un consort, qui doit être sacrifié, se révolte et tue la Grande Prêtresse. Car, pour lui, il n’y a pas d’autre alternative. Ainsi s’écroule complètement cette première culture du Féminin.

Mais comment expliquer un renversement si brutal et définitif ?

FG_ On s’aperçoit dans les mythes de Sumer que ce renversement ne fut pas brutal. Il y a eu de nombreux retours en arrière, les gens ne se sont pas laissés faire. Il a fallu les matraquer. Les premières guerres, d’après les mythes, on été fomentées entre ces deux idéologies inverses, celle qui gravitait autour de la Mère Divine et l’idéologie du Père Guerrier, lequel est désacralisateur par essence puisqu’il vient conquérir le monde de la Mère. Il y a un très beau mythe qui s’appelle la destruction et la reconstruction de la ville d’Ur en Chaldée. On sait que cette ville fut détruite par les Elamites et on sait qu’une déesse régnait sur cette ville. Des Dieux Mâles font leur apparition. Puis on s’aperçoit que le culte de la Mère est interdit, que c’est un pécher, et que l’on en persuade les prêtres qui sont en place dans la ville. Les temples ont été reconstruits à la gloire du Dieu et non plus de la Déesse. D’ailleurs, il y a de très beaux chants de lamentation qui disent, reviens dans ta ville, reviens voir tes filles, tes fils, reviens dans ton temple… Ce qui se tournaient vers son culte étaient maudits et même pire que ça, ils étaient décapités. Ce texte indique clairement que cela ne s’est pas fait brutalement mais a été asséné en plusieurs fois et à chaque fois le peuple continuait à invoquer la Mère. Car ces gens se sentaient probablement plus proches de la Mère Nourricière que du Père Guerrier. On le voit également bien dans la Bible. Yahvé tempête constamment contre les adorateurs de constellation, ceux qui vont sur les hauts lieux. Ce sont en fait les anciens adorateurs de la Déesse. On voit bien que il y a toujours eu ces révoltes autrement il n’y aurait pas eu ces récriminations répétées. Puis on arrive au Christianisme qui va se rattacher au Judaïsme. Là j’arrive au thème de mon dernier livre, " Jésus et les femmes. " On a retrouvé des textes dans le désert égyptien, à Nag Hammadi, en 1945 dans lesquels on voit un tout autre visage de Jésus.

Dans ce nouvel ouvrage, " Jésus et les femmes " vous dénoncez une figure fallacieuse de Jésus que transmet le Christianisme officiel ?

FG_ En effet, tout d’abord, contrairement à ce qui est toujours dit, Jésus n’était pas exclusivement entouré de disciples mâles. Le patriarcat était pourtant bien installé dans le milieu juif. De Même, on dit rarement qu’il y a deux récits de la Création dans la Bible. Le premier dit que Eve naquit d’une côte d’Adam, puis deux pages plus loin, il est dit que homme et femme il les créa. Il y a donc dans cette deuxième version l’idée d’égalité, l’homme et la femme étant traités de la même façon. Pour en revenir à mon dernier livre, on a retrouvé en 1945 des manuscrits qui avaient été interdits. Ils étaient enfermés dans une jarre elle-même enfouie dans le sable. Ils sont écrits en Copte sur des papyrus. On dit que la plupart de ces écrits datent du Quatrième Siècle, ce qui n’est pas vrai. En réalité, ces écrits sont antérieurs aux Evangiles Canoniques, par exemple, l’Evangile selon Marie, selon Magdala. On disait tout à l’heure qu’il y avait des disciples femmes autour de Jésus. Ces manuscrits gnostiques le montrent parfaitement car ils donnent des noms, Marie, Salomé, Marthe la sœur de Marie, la mère de Jésus. D’ailleurs, l’Evangile selon Philippe dit que Jésus était toujours accompagné de trois Marie depuis ses débuts de prédicateur en Galilée. Il faut connaître ces Evangiles qui ont été interdits puis ensevelis par l’Eglise, laquelle a voulu rattacher Jésus au Judaïsme. Or le Jésus qui apparaît dans ces textes est un sage qui a beaucoup de point commun avec Lao Tse et avec tous les grands mystiques du monde, lesquels veulent faire l’alliance entre le féminin et le masculin. Ainsi le Jésus de la Gnose dit à l’homme qu’il ne peut pas avancer s’il prétend ne garder qu’une partie de lui-même, à savoir sa face masculine. Il est infiniment sympathique pour nous les femmes mais aussi, à mon avis, pour l’ensemble de l’humanité. Il veut rendre à chaque individu les deux parties dont il est composé, le masculin et le féminin.

Ainsi, le Jésus de la Gnose est le premier féministe de l’histoire ?

FG_ Si l’on veut. En tout cas, quand on lit les Evangiles selon Marie, selon Philippe et même selon Thomas, on y trouve, non seulement, cette idée de nécessaire réconciliation entre le féminin et le masculin de l’humain, mais aussi, entre l’homme et la femme. En revanche, l’Eglise selon Pierre est très misogyne. Personne, d’ailleurs, n’en fait mystère car c’est écrit dans les textes canoniques. Jésus, au contraire, s’opposait à l’optique du Judaïsme de l’époque selon lequel la femme était confinée à la maison. D’ailleurs Jésus fut vilipendé par les premiers évêques, comme Irinée de Lyon au II è Siècle, qui dira que les gnostiques acceptent dans leurs rangs des prostituées, ces femmes qui se promènent avec eux, qui font de la prédication, qui enseignent. Le Jésus que l’on découvre dans ces textes gnostiques est profondément humain, différent, ne reniant non plus pas la sexualité et disant " Ne méprisez pas la sexualité autrement elle va vous dévorer. Ne l ‘aimez pas trop non plus car elle va vous obnubiler ". Il réconcilie donc l’homme et la femme, mais aussi le corps et l’esprit. Ainsi Jésus apparaît comme le sauveur du féminin car en patriarcat, la femme a tout simplement perdu son âme. Elle est réduite à son corps pour le plaisir de l’homme. On le voit d’ailleurs encore autour de nous aujourd’hui, avec la publicité sexiste qui érotise et objectivise à outrance le corps des femmes.

Comment avez-vous eu connaissance de ces Evangiles interdits de Nag Hammadi ?

FG_ Je venais de terminer le livre sur les mythes de Sumer et je suis tombée sur un livre très intéressant d’Elaine Pagel qui parle de ces Evangiles interdits. Elle cite ces textes, mais ne fait pas de commentaires. J’ai eu alors envie d’aller voir. Je les ai trouvés très difficilement dans une librairie à Vézelay, dans une édition du Québec. Aujourd’hui on peut les trouver à Louvain et à la librairie Copte de Montréal. Physiquement les manuscrits sont dispersés à Berlin, à l’Ecole de Jérusalem etc. Quand on revient vers les Evangiles Canoniques après avoir lu les Evangiles Gnostiques, on s’aperçoit qu’il y a également des strates dans les Canoniques. On retrouve même la strate gnostique mais dissimulée, par exemple le rôle de Marie de Magdala qui est très proche de Jésus. Dans la Gnose, elle est son amante et sa disciple préférée. Or le Christianisme officiel dit que c’est Jean qui était le disciple préféré. Or étrangement il n’est jamais nommé dans les Canoniques, alors que Pierre, Mathieu et Thomas le sont. Il y a vraiment là un blanc, comme si l’on avait découpé un visage qui gênait sur une photo de famille. Car l’amour entre Jésus et Marie de Magdala est à la fois charnel et spirituel, comme devrait être l’amour. Mais cela le patriarcat ne peut pas l’accepter. Car il ne veut pas de cette alliance d’amour entre l’homme et la femme, mais plutôt que la femme soit l’esclave et la servante de l’homme. Le patriarcat a tout intérêt à nous tenir loin de notre âme et de notre esprit. C’est pour cela que les femmes ont été écartées. Et dans les sociétés actuelles les plus patriarcales, c’est comme si la femme n’avait pas d’esprit et ne pensait pas.

Pourquoi cette obsession de négation de la femme dans les religions patriarcales ?

FG_ Cette impureté de la femme mais plus que cela cette profonde misogynie, cette négation de l’humanité dans son sexe féminin, on le trouve dans les trois monothéisme de façon exacerbée. On le trouve aussi ailleurs. Ce chemin a aussi était fait en Inde. Mais ce qui frappe en Inde et aussi attire, c’est qu’il y a encore cette image du grand féminin malgré tout. Dans les temples, on peut retrouver du divin féminin. Alors que chez nous, on a l’impression qu’il s’agit d’un folklore barbare, de pure imagination. Même avec les universitaires, parler du divin féminin leur semble carnavalesque. Pour elles, le divin féminin est uniquement mythique. Elles ne voient pas que le mythe a été de l’histoire. C’est là-dessus que ce porte mon travail. Contrairement à ce que disait Yung, le mythique n’est pas un archétype figé, c’est aussi de l’histoire. Or si l’on reste dans le mythe, par exemple des amazones, des femmes fortes, donc dans l’inconscient collectif, cela ne fait de mal à personne puisqu’on l’a décapé de son historicité pour le laisser dans une espèce de noman’s land, hors du temps et de l’espace. Alors que c’est curatif de souligner qu’il a existé du féminin autre que patriarcal, qui ne soit ni souillé, ni démonisé. Le mariage souillé est le mariage patriarcal qui est l’union d’un dominant et d’une dominée. Le Jésus de la Gnose parle de l’union spirituelle et sexuelle d’un masculin libre et d’un féminin également libre. Il parle de l’alliance entre les deux.

On retrouve les références de John lash sur les traces de Nag hammadi
Interessant aussi de lire les révoltes légitimes masculines contre les grandes prétresses.

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MessageSujet: Re: Lilith et la rebellion contre le patriarcat   Lun 14 Fév - 23:02

Je ne me suis jamais trop intéressée aux écrits de paul Salomon car ceux qui en parlaient (gnangnangnan ) m'agaçaient.. ben sans doute ai-je eu tort.

http://www.paulesalomon.org/pages/liv_femmesol.htm

Citation :
LA FEMME EVE ET/OU LILITH ?

Il y a bien longtemps que la femme refuse d'être un objet prêté, donné, un double narcissique de l'homme, un être bâillonné, ligoté, aveuglé. Lilith est là pour témoigner que la femme met en échec la loi patriarcale qui veut s'instaurer comme unique principe de civilisation. Adam a refoulé l'image de Lilith dans son inconscient, son refus et son départ qui ont le même sens que le sevrage qu'opère la mère sur son enfant. Lilith la mère amante, refuse ce fils qui prétend l'asservir sexuellement la mettre en dessous de lui. Eve par contre va se soumettre jusqu'à ce qu'elle mange la pomme, inspirée en cela par Lilith. En chaque femme reposent une partie Eve et une partie Lilith. La partie Eve, aliénée, châtrée, accepte de répondre au diktat masculin, à la loi paternelle, la partie Lilith se révèle en pleine lumière comme une partie divine et se cache dans l'ombre de l'inconscient sous des formes terrifiantes. Quand une femme ne laisse pas parler en elle la partie Lilith, elle se névrose de plus en plus au sein du couple qu'elle a accepté de former sans comprendre ce qui lui arrive, sans comprendre pourquoi elle s'aigrit, devient nerveuse, instable, insatisfaite en permanence. Combien de femmes ont fait taire en elles leur source d'inspiration, leurs désirs et leurs impulsions pour obéir au schéma projeté par leur compagnon ou par la société! Ligotées dans un monde de devoirs et d'images étrangères à leurs sensations profondes, elles sont en lutte continuelle contre elles-mêmes, donc en lutte contre l'homme. L'état de guerre larvée de la plupart des couples est effrayant. Il représente une énorme déperdition d'énergie pour les deux partenaires, et une accumulation de négativité néfaste pour l'ensemble de la cellule. Quand la femme est capable de mettre en regard dans sa conscience ces deux archétypes d'Ève et de Lilith et de les décoder en elle, de leur livrer passage, un grand pas en avant est accompli. Pour cela il faut que Lilith sorte de son refoulement dans l'inconscient et ce travail collectif est en train de s'accomplir dans la société actuelle. Certains auteurs comme Joëlle de Gravelaine et j. Markale déjà cités ont contribué de manière importante en déblayant les concepts, en formulant de manière poétique et allégorique le nécessaire resurgissement de la face claire de Lilith, mais le quotidien des femmes n'a pas été touché. La description des différents traits qui composent la femme solaire et dont la femme révoltée n'est qu'un élément devrait contribuer à mieux faire comprendre à la femme la nature de son combat intérieur avec elle-même et de son combat extérieur avec l'homme. Mieux dessiner aussi un visage accessible et futur, un visage d'évolution. La femme solaire représente la femme initiée, ce qui ne signifie pas une femme réalisée qui serait parvenue à je ne sais quel terme ou quelle perfection de son parcours Là femme initiée dispose de la force sexuelle de son destin et elle tente d'accorder ses actes sur cette disposition vitale et spirituelle qui est l'axe de son infinie liberté.


LES VALEURS FEMININES

Ainsi, l'homme s'accomplira à travers la femme et la femme à travers l'homme.
Il y a une grande misère sexuelle dans notre société actuelle et un profond déséquilibre. Autrefois, la censure imposée par la religion chrétienne et le tabou déclaré sur le sexe entretenaient une frustration avouée, délibérée, qui faisait naître par contrecoup une grande intensité liée à l'interdit. Toute transgression à cet interdit apportait un souffle épique aux aventures érotiques et sensuelles. La levée du tabou n'a déconditionné que la surface des consciences. Les inconscients sont restés encrassés par la notion du péché et l'amour ne trouve que rarement son innocence dans la chair. L'association de la pureté au sexe reste rarissime. L'association du divin au sexe moins encore. La permissivité et la fréquence des rapports sexuels n'ont fait bien souvent que dépoétiser et banaliser ce qui devrait rester la source de tout émerveillement et de toute récréation. Le problème est bien là. On conçoit l'amour comme une recréation, et non comme une recréation. Par le sexe l'humain a la possibilité de changer de niveau de conscience. Or le plus souvent il l'ignore et l'utilise comme une fuite de réalité, une détente nerveuse. Le désenchantement secret, la frustration profonde qui poursuivent l'homme et la femme après leurs rapports amoureux expliquent bien des combats douteux menés pour l'argent, la réussite, la perversion, etc. Le terrible cercle vicieux tourne à vide avec une conséquence qui, d'abord lointaine, se fait de plus en plus précise : la destruction de la planète. Quand on est déçu par la vie on s'autorise plus ou moins consciemment à la détruire et on se contente d'en tirer une amère jouissance.

Depuis l'instauration de la loi patriarcale, depuis l'écrasement de la femme, la voie de passage spirituelle n'a cessé de se refermer, ne s'ouvrant par exception que sur l'instinct puissant de quelques-uns. La femme n'a pas cessé de lutter pour se libérer de cette oppression mais elle s'est habituée elle aussi, elle s'est affaiblie, elle a perdu souvent contact avec elle-même et, pour survivre, elle s'est conformée au modèle établi, admis par l'homme.

À trop ruser on y perd son âme. La femme ne s'est jamais laissé autant piéger par les valeurs masculines qu'aujourd'hui. Au moment où elle réussit à faire admettre à l'homme qu'il l'a opprimée en toute injustice, au moment où elle accède à des droits légaux et sociaux, elle a abdiqué ses valeurs profondes, elle n'a plus contact avec ce qui fait sa féminité essentielle. Elle travaille comme un homme, elle " baise " comme un homme, elle fait tout comme un homme. Pourtant son émergence en tant que valeur féminine est capitale pour l'avenir de la civilisation. Des poètes l'ont pressenti, les hommes authentiques le savent et le disent. Il est urgent que les femmes prennent conscience car elles seules, sans doute, peuvent éventuellement inverser la pente. Ce ne sont pas seulement les femmes qui doivent entrer dans les gouvernements, dans les professions clés et dans les postes décisionnaires, ce sont les valeurs féminines, c'est-à-dire les hommes et les femmes qui auront compris le sens profond de la vie et qui dirigeront le monde en fonction de ce sens de la construction et du devenir. La grande misère sexuelle précède et accompagne la grande misère écologique. Les mécanismes destructeurs du pouvoir sous toutes ses formes servent de compensation à une frustration érotique renouvelée. Le sexe comme fonction de reproduction, le sexe comme plaisir spasmique, n'apporte pas de véritable réalisation. Il paraît urgent que la femme retrouve sa force solaire et que par elle l'homme accède à nouveau à sa lune intérieure pour que la direction de notre civilisation retrouve un cours harmonieux.

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MessageSujet: Re: Lilith et la rebellion contre le patriarcat   Dim 13 Mar - 16:48

C'est en retrouvant un vieux bouquin de contardo Calligaris à propos des structures des psychoses, que je me demandais d'où venait cette référence qui semble incontournable pour les psychanalystes des écoles Lacaniennes qui elles-mêmes se référent aux théories de Freud, donc au final, d'où provenait la théorie de Freud qui se base sur le "Totem et Tabou", prétendu aller jusqu'aux sources de notre histoire humaine "primitive".
Ceci dans une démarche inversée et détournée, puisque ces références "originaires" furent utilisées pour coller directement aux visions et théories que Freud avait des structures internes (et non pas dans le sens de se baser sur des organisations externes -sociales- mouvantes et complexes pour élaborer des théories sur les organisations internes -psychiques- de défense en réaction à ces structures sociales) que j'ai découvert qu'en fait Freud ne s'était inspiré que d' une époque relativement proche : celle déjà fondée sur le patriarcat. Non seulement sa démarche aurait été biaisée, mais en plus ses références ethnologiques, tronquées.


Ce qui m'étonne c'est qu'il ne soit pas allé chercher plus loin, c'est à dire en de-ça, alors que les organisations "matriarcales" (terme proposé par défaut mais qui n'est pas le plus adéquat puisqu'on est tellement imprégné d'un type d'organisation sociale -patriarcale- qu'imaginer une autre forme de structure ne s'organisant pas sur les mêmes modèles est difficile) étaient non suelement plus sophistiquées (le terme" primitif" n'étant donc pas vraiment approprié) et perdurèrent durant 25000 ans avant d'être détruites par le système patriarcal.


Ceci, si l'on en croit les trouvailles d'une archéologue qui, pour la petite anecdote très explicite à mon avis, s'est vue refuser le Titre d'un de ses ouvrages au moment de sa parution par son éditeur : il fallait que Déesses et dieux soit : dieux et déesses (dieux d'abord mdrrrr... ké sacrilège faisait-elle !).

Cette scientifique, Marija Gimbutas, a préféré d'ailleurs employer le terme "Matristique", et pour cause Very Happy
Interview, le Langage de la Déesse

Citation :
(..)Le système qui a existé dans la culture « matristique » avant que les Indo-Européens en Europe était totalement différent. Je l'appelle « matristique »et non matriarcal, parce que matriarcal réveille toujours des idées de domination et est comparé au patriarcat. Mais c'était une société équilibrée, les femmes n'étaient pas vraiment si puissantes qu'elles auraient usurpé tout qui ce qui était masculin. Les hommes étaient à leur position légitime, ils effectuaient leur propre travail, ils avaient leurs fonctions et ils ont également eu leur propre puissance. Ceci est reflété dans les symboles où vous trouvez non seulement des déesses mais également des dieux. Les déesses étaient créatives, elles créent d'elles-mêmes.

Autre chose, certes il est désormais connu et accepté que le patriarcat fut imposé par le Judeo-Christanisme, détruisant les cultures païennes de l'ancienne Europe...

Ce qu'on sait moins c'est que ce travail de destruction fut d'abord le fait des Indos Européens. Des Hordes de nomades venant du Nord, pourvu d'armes létales et de chevaux, massacrant sans aucune difficulté les villes et villages pré-indo-européens qui ne connaissaient jamais les guerres, vivaient sous la solidarité et avait développé un art et une culture beaucoup plus complexes et sophistiqués.
Une forme de communisme qui ne pourrait jamais être viable au 20ème siecle selon Mme Gimbutas.

Citation :
Rebecca: Pourquoi la culture patriarcale a-t-elle choisi de dominer?

Marija: C'est dans la culture elle-même. Ils avaient des armes et des chevaux. Le cheval est apparu seulement avec les envahisseurs qui ont commencé à venir de Russie du sud, et en vieille Europe il n'y avait aucune arme - aucun poignard, aucune épée. Il y avait les armes justes pour la chasse. Les habitations étaient très différentes. Les envahisseurs étaient des personnes semi-nomades et en Europe c'étaient des agriculteurs, vivant dans un secteur pendant un temps très long, la plupart du temps dans les endroits les plus beaux.
Quand ces guerriers sont arrivés, ils se sont établis dans les hautes collines, parfois dans les endroits qui ont accès très difficile. Ainsi, dans chaque aspect de la culture je vois une opposition et donc je suis de l'opinion que cette culture européenne locale et vieille ne pourrait pas se développer dans le patriarcat, culture de guerrier. Nous avons l'évidence archéologique que c'était un désaccord. Et puis naturellement, qui commence à dominer? Ceux qui ont des chevaux, qui ont des armes, qui ont de petites familles et qui sont plus mobiles.

(...)
Rebecca: Elle doit avoir conditionné nos esprits pendant longtemps. Comment répondez-vous à la critique que la religion de la déesse était juste un rite de fertilité?

Marija: Comment est-ce que je réponds à toutes ces critiques idiotes? (rire). Les gens ne sont pas habituellement bien informés de qui dit quoi, et n'ont jamais étudié la question. La fertilité était importante pour la continuité de la vie sur terre, mais la religion était au sujet de la vie, de la mort et de la régénération. Nos ancêtres n'étaient pas primitifs.

(...)
David: Quelle pertinence pensez-vous cela apporte à qui comprend notre passé antique, pour traiter les problèmes se posant au monde aujourd'hui?

Marija: Bien, il est temps d'être plus paisible, de se calmer, (rire) et cette philosophie pacifique d'une façon ou d'une autre, nous apporte une certaine harmonie avec la nature où nous pouvons apprendre à évaluer des choses. Et savoir qu'il y avait des cultures qui ont existé pendant longtemps sans guerres est important, parce que la plupart des personnes au vingtième-siècle pensent que les guerres ont toujours eu lieu. Il y a des livres qui insistent sur ce fait, suggérant des idées folles telles que l'agriculture et la guerre auraient commencé en même temps. Ils disent que lorsque les villages ont commencé à se développer, la propriété a dû être défendue, mais c'est non-sens! Il y avait une propriété, mais c'était une propriété communale. En fait, c'était une sorte de communisme dans le meilleur sens du mot. Il ne pourrait pas exister au vingtième-siècle. Et également ils ont cru que dans la mort vous êtes égal. J'aime beaucoup cette idée. Vous ne devez pas être reine ou un roi une fois que vos os sont rassemblés et mélangés ainsi que d'autres (rire)


Lilith évidemment en a pris un sale coup et fut démonisée par les judeo-chrétiens... et c'est pas prêt d'en être autrement :

Citation :
David: Avez-vous trouvé des contes du folklore lithuanien en rapport avec l'histoire d'Adam et d'Eve?

Marija: Non. Mais il est intéressant que la première épouse d'Adam ait été Lilith. Et qui était Lilith? Elle était un oiseau de proie, de la déesse vautour de la mort et de la régénération. Elle était celle qui plus tard est devenue la sorcière, elle était très puissante. Elle a volé loin. On ne pouvait pas la commander. Alors la deuxième épouse a été faite à partir de sa côte, ainsi elle était naturellement obéissante et est restée avec lui (rire)

Rebecca: Il y a tant de transmutations de la déesse dans la mythologie et le folklore se développant à partir d'une image positive en négative. Voyez-vous ceci comme une tentative consciente de déformer le féminin?

Marija: Oui c'est cela. C'est vraiment le christianisme qui a fait cela, parce qu'il a senti le danger. Ils démonisent celle qui était la plus puissante. Celle qui pouvait exécuter beaucoup de choses, qui a été reliée aux événements atmosphériques, avec les pluies et les orages. C'est la déesse qui règne sur la mort et la régénération, celle qui est devenue la sorcière. Elle était vraiment puissante et pendant l'Inquisition, elle est décrite comme vraiment dangereuse.
Dans diverses descriptions vous pouvez sentir qu'il y avait une crainte. Elle pouvait commander à le sexualité masculine, par exemple, elle pouvait couper la lune et l'arrêter dans sa croissance, elle était le compensateur des puissances de la vie. Elle pouvait faire beaucoup de dommages, cette déesse. Mais vous devez comprendre pourquoi elle faisait cela. Elle ne pouvait pas permettre à des choses de se développer pour toujours, elle a dû les arrêter, elle a fait naître la mort afin que le cycle de la vie recommence. Elle est le régénératrice principale du monde entier, de toute la nature.

Rebecca: Ainsi la culture patriarcale a dû la rendre effrayante pour les gens, afin qu' ils l'abandonnent.

Marija: Oui. Aux quinzième et seizième siècles, elle est devenue un Satan, un monstre. Cette image est toujours avec nous. Dans chaque pays elle plus ou moins est préservée. Dans le pays Basque, elle est toujours là et beaucoup plus vivante. Elle est un vautour, elle vit en cavernes. Et parfois les bergers s'arrangent des croix chrétiennes pour enlever les vautours (rire)
David: Vous avez été en grande partie responsable de la réemergeance de la conscience de la déesse dans l'hémisphère occidental. Que pensez-vous de la manière dont cette perspective est interprété socialement et politiquement?

Marija: L'interprétation de la déesse dans certains cas est un peu exagérée. Je ne puis pas penser que la déesse telle qu'elle était puisse être reconstruite et réintroduite dans nos vies, mais nous devons prendre le meilleur que nous pouvons en saisir. La meilleure compréhension de la divinité elle-même. Le Dieu chrétien punit, est fâché et ne s'adapte pas du tout à notre période. Nous avons besoin de quelque chose de mieux, nous avons besoin de quelque chose de plus étroit, nous avons besoin de quelque chose que nous pouvons toucher et nous avons besoin de la compassion, d'un certain amour, et également d'un retour à la nature des choses.
Par une compréhension de ce qu'était la déesse, nous pouvons mieux comprendre la nature et nous pouvons établir nos idées de sorte qu'il soit plus facile pour nous de vivre. Nous devons être reconnaissant pour ce que nous prenons, pour toute la beauté, et la déesse est exactement cela. La déesse est la nature elle-même. Ainsi je pense que cela devrait revenir à l'humanité. Je ne pense pas que le christianisme continuera pendant très longtemps, mais il est comme le patriarcat, il n'est pas facile de s'en débarrasser (du rire) mais d'une façon ou d'une autre, ça viendra.

finalement ça ne m'étonne pas de lire de la part de Contardo Calligaris qu'un Jean-Jacques rousseau était psychotique, tique tique...
Page 25 de "Pour une Clinique différentielle des Psychoses" Point Hors Ligne 1991
"prenons u exemple classique : le cas de Jean-Jacques Rousseau. Pour conclure au diagnostic classique de psychose, on n'a pas besoin de se livrer à des déductions douteuses fondes sur le récit de sa vie. Considérer l'Emile, par exemple, serait plus approprié, dans la mesure où il est question d'une pédagogie idéale, sans maitre, où la nature révélerait elle-même les chemins du savoir qui la symbolisent pour quiconque se dispose à les parcourir"(...)

Je me demande quel est le discours actuel à ce sujet dans les salons de psychanalyse... ???


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