Le Cabaret Noir

Antre des Vamps
 
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 Un peu de poésie

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Oihana
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MessageSujet: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 9:50

Oihana était seule sur la scène.
Deux projecteurs étaient fixés sur elle et un brouhaha emplissait les lieux. Peu à peu le bruit s'estompa, laissant l'undeadette seule, timide et confuse avec plusieurs dizaines de paires d'yeux fixés sur elle.
Elle prit une profonde inspiration et ouvrit la bouche pour parler. Comme aucun son n'en sortit, elle réssaya une seconde fois avec plus de succés - bien que "succés" ne soit pas le terme le plus approprié.
Sa voix hésitante et chevrotante se confondit en explications apologétiques.[i]

-Euh... bonsoir... je... enfin... bonsoir!

[i]Elle déglutit, reprit son souffle et continua.


-J'ai trouvé dans les... comment on dit... les archives de... de la bibliothèque de mon clan quelques poêmes que j'aurais aimé partager. Il y a, selon moi en tout cas, des chances pour que... euh... le... l'auteur de ce texte ait rencontré l'une d'entre vous... il faut dire que... euh... non... bon je commence.

Oihana tira une feuille toute froissée de derriere son dos. Elle la déplia, la remit dans le bon sens et s'éclaircit la gorge avant de lire de sa voix triste et mélancolique.

Toi qui, comme un coup de couteau.
Dans mon coeur plaintif est entrée;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine.
--Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l'ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
--Maudite, maudite sois-tu!

J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas! le poison et le glaive
M'ont pris en dédain et m'ont dit:
« Tu n'es pas digne qu'on t'enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile!--de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire! »

Oihana replia la feuille, s'inclina maladroitement et quitta la scène en se prenant le pied dans les rideaux et en dégringolant les marches.
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Seytahn
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 10:20

Superbe !!! cheers

C'est Soyinka qui a encore fait des ravages ??? scratch cheers
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Soyinka
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 11:02

Hmm superbe! Je ne sais pas si j'y suis pour quelque chose, on m'a dit cela tellement souvent... scratch

Mais cela prouve bien que la souffrance fait naître des choses merveilleuses, n'est-ce pas? je continuerai donc... Razz
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Seytahn
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 11:10

Marrant avant même de voir ta réponse je viens de me créer une nouvelle signature où je parle du merveilleux justement Wink

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Dernière édition par le Sam 13 Mai - 11:11, édité 1 fois
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 11:13

Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle,
Femme impure ! L'ennui rend ton âme cruelle.
Pour exercer tes dents à ce jeu singulier,
Il te faut chaque jour un cœur au râtelier.
Tes yeux, illuminés ainsi que des boutiques
Et des ifs flamboyants dans les fêtes publiques,
Usent insolemment d'un pouvoir emprunté,
Sans connaître jamais la loi de leur beauté.

Machine aveugle et sourde, en cruautés féconde !
Salutaire instrument, buveur du sang du monde,
Comment n'as-tu pas honte et comment n'as-tu pas
Devant tous les miroirs vu pâlir tes appas ?
La grandeur de ce mal où tu te crois savante
Ne t'a donc jamais fait reculer d'épouvante,
Quand la nature, grande en ses desseins cachés,
De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,
- De toi, vil animal, - pour pétrir un génie ?

Ô fangeuse grandeur ! Sublime ignominie !
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Soyinka
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 11:24

Merveilleuse, ta signature, Seytahn! Razz

Citation :
La grandeur de ce mal où tu te crois savante
Ne t'a donc jamais fait reculer d'épouvante

Je dois dire que non! Razz

Sinon, je ne peux m'empêcher de mettre ici le sublime poème qu'avait posté notre chère Selene au Mausolée...

Les Métamorphoses du Vampire


La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:
- "Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!"
Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 12:48

Vu que notre amie Baudelaire semble être de rigeur ici, je me permet de vous y laisser un autre de ses succulents tableaux. :study:

(WAAAAAAH y'a un smileu de piraaaate pirat hum.... nous disions donc Baudelaire... )

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ? ton regard infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore;
Tu répands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté, monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds.
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Soyinka
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 13:31

waaaaah! alors celui-là est vraiment magnifique!! je l'adopte! Very Happy

Il a l'air d'avoir bien connu les Vamps, ou d'avoir connu bien des Vamps, ce cher Baudelaire... Razz
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minotaure
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 13:33

Si celui ci est de Baudelaire, les précédent étaient-il de ta plume?
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 14:37

Non non non! Tous ces poèmes sont de la plume de Baudelaire.
Un si grand talent entre les mains d'une pauvre undeadette? Soyons serieux...

J'en ai encore quelques uns à partager, mais je vais pas tout mettre le meme jour Razz
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minotaure
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 14:50

Le talent n'attand pas le poid des ages...
Et se moque des origines de chacun Wink
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Seytahn
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 14:59

Une superbe chanson de Rammstein sur l'amour dont Prince noir nous avait passé les paroles, autant que tout le monde en profite :

Citation :
L'amour est une bête sauvage
Elle te respire, te poursuit
Niche dans ton coeur brisé
Part en chasse autour de baisers et de bougies
Dépose des baisers comme des ventouses sur tes lèvres
Creuse des couloirs à travers tes côtes
Se laisse tomber, douce comme la neige
D'abord, ça devient brûlant, ensuite froid, à la fin ça fait mal

Amour, Amour
Tous veulent seulement
Te dompter
Amour, Amour
A la fin
Capturé entre tes dents

L'amour est une bête sauvage
Elle mord, me griffe et me donne des coups de pied
Me tient avec mille bras
Me traîne dans son nid d'amour
Me bouffe corps et âme
Me vomit après un jour ou une année
Se laisse tomber, douce comme la neige
D'abord ça devient brûlant, ensuite froid, à la fin ça fait mal

L'amour est une bête sauvage
Dans son piège, tu tomberas
Elle te regarde fixement dans les yeux
Ensorcelle quand son regard te touche

S'il te plaît ! S'il te plaît ! Donne-moi du poison !

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Seytahn
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 15:59

De la part de Sélene, notre chère hibernée :

Selene a écrit:
Le Revenant


Comme les anges à l'œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.

Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.

Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi.


Charles Baudelaire

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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 16:01

Une autre :

Selene a écrit:
La Fontaine de Sang


Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

À travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine;
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine!

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!


Charles Baudelaire

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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 16:22

Roh tu m'as piqué les poemes que j'allais partager ^^
Tres jolis :p
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Moliere
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Sam 13 Mai - 17:11

La Tordue a écrit:
C'est fou comme la poésie
peut nous mener en bateau
vers des escales inouïes
où nous jette l'encre des mots

Des fleurs du mal ! Une feuille
m'ayant invité au voyage
ce sont tes parfums que je cueille,
marin en douce dans ton corsage
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Dim 14 Mai - 21:31

Pour changer un peu de Baudelaire, je vous suggère pour complèter le menu, une touche de Verlaine, qui semblait avoir connu des Vamps également mais sous un jour moins sombre...

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d’or et d’onyx
Purs de toutes ombres,
Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx
De tes cheveux sombres.

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Puis je louerai beaucoup, comme il convient,
Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
Les nuits d’insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser,
De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
— Mon Ange ! — ma Gouge !

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Lun 15 Mai - 8:44

Encore un pitit Razz

Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
Et le bal tournoyait quand je la vis passer
Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
De son oreille où mon Désir comme un baiser
S'élançait et voulait lui parler, sans oser.

Cependant elle allait, et la mazurque lente
La portait dans son rhythme indolent comme un vers,
- Rime mélodieuse, image étincelante, -
Et son âme d'enfant rayonnait à travers
La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.

Et depuis, ma Pensée - immobile - contemple
Sa Splendeur évoquée, en adoration,
Et dans son Souvenir, ainsi que dans un temple,
Mon Amour entre, plein de superstition.

Et je crois que voici venir la Passion.
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Lun 15 Mai - 8:50

Un autre poême de Verlaine... je souhaite dédier le dernier vers de ce texte à Soyinka :roll:


Belle " à damner les saints " , à troubler sous l'aumusse
Un vieux juge ! Elle marche impérialement.
Elle parle - et ses dents font un miroitement -
Italien, avec un léger accent russe.

Ses yeux froids où l'émail sertit le bleu de Prusse
Ont l'éclat insolent et dur du diamant.
Pour la splendeur du sein, pour le rayonnement
De la peau, nulle reine ou courtisane, fût-ce

Cléopâtre la lynce ou la chatte Ninon,
N'égale sa beauté patricienne, non !
Vois, ô bon Buridan : " C'est une grande dame ! "

Il faut - pas de milieu ! - l'adorer à genoux,
Plat, n'ayant d'astre aux cieux que ses lourds cheveux roux
Ou bien lui cravacher la face, à cette femme !
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Soyinka
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Lun 15 Mai - 8:56

Merci de cette dédicace, petite... Evil or Very Mad
Soyinka cherche sa cravache pour montrer sa "reconnaissance" à Oihana...

je crois que c'est celui-là que tu voulais me dédicacer plutôt, non?


Citation :
Il faut - pas de milieu ! - l'adorer à genoux,

8)
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Oihana
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Lun 15 Mai - 11:52

Mais je t'en prie, ca me fait plaisir 👅
J'ai dégotté un autre petit poème de Verlaine, qui ne traite pas réellement des vamps, mais peut être des jeunes filles, encore à l'école qui un jour rejoindront vos rangs Very Happy
Il y a une touche trés Oihanesque dans ce texte aussi Razz

Nous sommes les Ingénues
Aux bandeaux plats, à l'oeil bleu,
Qui vivons, presque inconnues,
Dans les romans qu'on lit peu.

Nous allons entrelacées,
Et le jour n'est pas plus pur
Que le fond de nos pensées,
Et nos rêves sont d'azur ;

Et nous courons par les prés
Et rions et babillons
Des aubes jusqu'aux vesprées,
Et chassons aux papillons ;

Et des chapeaux de bergères
Défendent notre fraîcheur
Et nos robes - si légères -
Sont d'une extrême blancheur ;

Les Richelieux, les Caussades
Et les chevaliers Faublas
Nous prodiguent les oeillades,
Les saluts et les "hélas !"

Mais en vain, et leurs mimiques
Se viennent casser le nez
Devant les plis ironiques
De nos jupons détournés ;

Et notre candeur se raille
Des imaginations
De ces raseurs de muraille,
Bien que parfois nous sentions

Battre nos coeurs sous nos mantes
À des pensers clandestins,
En nous sachant les amantes
Futures des libertins.
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Lady Desperaty
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Mar 16 Mai - 17:56

Lénore
de Gottfried August BÜRGER.
Traduit de l'allemand par Gérard de NERVAL.

Lénore au point du jour se lève,
L’oeil en pleur, le coeur oppressé ;
Elle a vu passer dans un rêve,
Pâle et mourant, son fiancé !
Wilhelm était parti naguère
Pour Prague, où le roi Frédéric
Soutenait une rude guerre,
Si l’on en croit le bruit public.

Enfin, ce prince et la tsarine,
Las de batailler sans succès,
Ont calmé leur humeur chagrine
Et depuis peu conclu la paix ;
Et cling ! et clang ! les deux armées,
Au bruit des instruments guerriers,
Mais joyeuses et désarmées,
Rentrent gaîment dans leurs foyers.

Ah ! partout, partout quelle joie !
Jeunes et vieux, filles, garçons,
La foule court et se déploie
Sur les chemins et sur les ponts.
Quel moment d’espoir pour l’amante,
Et pour l’épouse quel beau jour !
Seule, hélas ! Lénore tremblante
Attend le baiser du retour.

Elle s’informe, crie, appelle,
Parcourt en vain les rangs pressés.
De son amant point de nouvelle…
Et tous les soldats sont passés !
Mais sur la route solitaire,
Lénore en proie au désespoir
Tombe échevelée… et sa mère
L’y retrouva quand vint le soir.

– Ah ! le Seigneur nous fasse grâce !
Qu’as-tu ? qu’as-tu, ma pauvre enfant ?…
Elle la relève, l’embrasse,
Contre son coeur la réchauffant ;
Que le monde et que tout périsse,
Ma mère ! Il est mort ! il est mort !
Il n’est plus au ciel de justice
Mais je veux partager son sort.

– Mon Dieu ! mon Dieu ! quelle démence !
Enfant, rétracte un tel souhait ;
Du ciel implore la clémence,
Le bon Dieu fait bien ce qu’il fait.
– Vain espoir ! ma mère ! ma mère !
Dieu n’entend rien, le ciel est loin…
À quoi servira ma prière,
Si Wilhelm n’en a plus besoin ?

– Qui connaît le père, d’avance
Sait qu’il aidera son enfant :
Va, Dieu guérira ta souffrance
Avec le très-saint sacrement !
– Ma mère ! pour calmer ma peine,
Nul remède n’est assez fort,
Nul sacrement, j’en suis certaine,
Ne peut rendre à la vie un mort !

– Ces mots à ma fille chérie
Par la douleur sont arrachés…
Mon Dieu, ne va pas, je t’en prie,
Les lui compter pour des péchés !
Enfant, ta peine est passagère,
Mais songe au bonheur éternel ;
Tu perds un fiancé sur terre,
Il te reste un époux au ciel.

– Qu’est-ce que le bonheur céleste
Ma mère ? qu’est-ce que l’enfer ?
Avec lui le bonheur céleste,
Et sans lui, sans Wilhelm, l’enfer ;
Que ton éclat s’évanouisse,
Flambeau de la vie, éteins-toi !
Le jour me serait un supplice,
Puisqu’il n’est plus d’espoir pour moi !

Ainsi, dans son coeur, dans son âme,
Se ruait un chagrin mortel :
Longtemps encore elle se pâme,
Se tord les mains, maudit le ciel,
Jusqu’à l’heure où de sombres voiles
Le soleil obscurcit ses feux,
À l’heure où les blanches étoiles
Glissent en paix sur l’arc des cieux.

Tout à coup, trap ! trap ! trap ! Lénore
Reconnaît le pas d’un coursier,
Bientôt une armure sonore
En grinçant monte l’escalier…
Et puis, écoutez ! la sonnette,
Klinglingling ! tinte doucement…
Par la porte de la chambrette
Ces mots pénètrent sourdement :

– Holà ! holà ! c’est moi, Lénore !
Veilles-tu, petite, ou dors-tu ?
Me gardes-tu ton coeur encore,
Es-tu joyeuse ou pleures-tu ?
– Ah ! Wilhelm, Wilhelm, à cette heure !
Ton retard m’a fait bien du mal,
Je t’attends, je veille, et je pleure…
Mais d’où viens-tu sur ton cheval ?

– Je viens du fond de la Bohême,
Je ne suis parti qu’à minuit,
Et je veux si Lénore m’aime
Qu’elle m’y suive cette nuit.
– Entre ici d’abord, ma chère âme,
J’entends le vent siffler dehors,
Dans mes bras, sur mon sein de flamme,
Viens que je réchauffe ton corps.

– Laisse le vent siffler, ma chère,
Qu’importe à moi le mauvais temps,
Mon cheval noir gratte la terre,
Je ne puis rester plus longtemps :
Allons ! chausse tes pieds agiles,
Saute en croupe sur mon cheval,
Nous avons à faire cent milles
Pour gagner le lit nuptial.

– Quoi ! cent milles à faire encore
Avant la fin de cette nuit ?
Wilhelm, la cloche vibre encore
Du douzième coup de minuit…
– Vois la lune briller, petite,
La lune éclairera nos pas ;
Nous et les morts, nous allons vite,
Et bientôt nous serons là-bas.

Mais où sont et comment sont faites
Ta demeure et ta couche ? – Loin :
Le lit est fait de deux planchettes
Et de six planches…. dans un coin
Étroit, silencieux, humide.
– Y tiendrons-nous bien ? – Oui, tous deux ;
Mais viens, que le cheval rapide
Nous emporte au festin joyeux !

Lénore se chausse et prend place
Sur la croupe du noir coursier,
De ses mains de lis elle embrasse
Le corps svelte du cavalier…
Hop ! hop ! hop ! ainsi dans la plaine
Toujours le galop redoublait ;
Les amants respiraient à peine,
Et sous eux le chemin brûlait.

Comme ils voyaient, devant, derrière,
À droite, à gauche, s’envoler
Steppes, forêts, champs de bruyère,
Et les cailloux étinceler !
– Hourrah ! hourrah ! la lune est claire,
Les morts vont vite par le frais,
En as-tu peur, des morts, ma chère ?
– Non !… Mais laisse les morts en paix !

– Pourquoi ce bruit, ces chants, ces plaintes,
Ces prêtres ?… – C’est le chant des morts,
Le convoi, les prières saintes ;
Et nous portons en terre un corps. –
Tout se rapproche : enfin la bière
Se montre à l’éclat des flambeaux…
Et les prêtres chantaient derrière
Avec une voix de corbeaux.

– Votre tâche n’est pas pressée,
Vous finirez demain matin ;
Moi j’emmène ma fiancée,
Et je vous invite au festin :
Viens, chantre, que du mariage
L’hymne joyeux nous soit chanté ;
Prêtre, il faut au bout du voyage
Nous unir pour l’éternité ! –

Ils obéissent en silence
Au mystérieux cavalier :
– Hourrah ! – Tout le convoi s’élance,
Sur les pas ardents du coursier…
Hop ! hop ! hop ! ainsi dans la plaine
Toujours le galop redoublait ;
Les amants respiraient à peine,
Et sous eux le chemin brûlait.

Ô comme champs, forêts, herbages,
Devant et derrière filaient !
Ô comme villes et villages
À droite, à gauche, s’envolaient ! –
Hourrah ! hourrah ! les morts vont vite,
La lune brille sur leurs pas…
En as-tu peur, des morts, petite ?
– Ah ! Wilhelm, ne m’en parle pas !

Tiens, tiens ! aperçois-tu la roue ?
Comme on y court de tous côtés !
Sur l’échafaud on danse, on joue,
Vois-tu ces spectres argentés ? –
Ici, compagnons, je vous prie,
Suivez les pas de mon cheval ;
Bientôt, bientôt je me marie,
Et vous danserez à mon bal.

– Houch ! houch ! houch ! les spectres en foule
À ces mots se sont rapprochés
Avec le bruit du vent qui roule
Dans les feuillages desséchés :
Hop ! hop ! hop ! ainsi dans la plaine
Toujours le galop redoublait ;
Les amants respiraient à peine,
Et sous eux le chemin brûlait.

– Mon cheval ! Mon noir !… Le coq chante,
Mon noir ! Nous arrivons enfin,
Et déjà ma poitrine ardente
Hume le vent frais du matin…
Au but ! au but ! Mon coeur palpite,
Le lit nuptial est ici ;
Au but ! au but ! Les morts vont vite,
Les morts vont vite. Nous voici ! –

Une grille en fer les arrête :
Le cavalier frappe trois coups
Avec sa légère baguette. –
Les serrures et les verrous
Craquent… Les deux battants gémissent,
Se retirent. – Ils sont entrés ;
Des tombeaux autour d’eux surgissent
Par la lune blanche éclairés.

Le cavalier près d’une tombe
S’arrête en ce lieu désolé : –
Pièce à pièce son manteau tombe
Comme de l’amadou brûlé…
Hou ! hou !… Voici sa chair encore
Qui s’envole, avec ses cheveux,
Et de tout ce qu’aimait Lénore
Ne laisse qu’un squelette affreux.

Le cheval disparaît en cendre
Avec de longs hennissements….
Du ciel en feu semblent descendre
Des hurlements ! des hurlements !
Lénore entend des cris de plainte
Percer la terre sous ses pas….
Et son coeur, glacé par la crainte,
Flotte de la vie au trépas.

C’est le bal des morts qui commence,
La lune brille… les voici !
Ils se forment en ronde immense,
Puis ils dansent, chantant ceci :
– Dans sa douleur la plus profonde,
Malheur à qui blasphémera !… –
Ce corps vient de mourir au monde…
Dieu sait où l’âme s’en ira !
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Lady Desperaty
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Mar 16 Mai - 17:58

THE VAMPIRE
de Rudyard Kipling - 1897

A FOOL there was and he made his prayer
(Even as you and I!)
To a rag and a bone and a hank of hair
(We called her the woman who did not care),
But the fool he called her his lady fair
(Even as you and I!)
Oh the years we waste and the tears we waste
And the work of our head and hand,
Belong to the woman who did not know
(And now we know that she never could know)
And did not understand.

A fool there was and his goods he spent
(Even as you and I!)
Honor and faith and a sure intent
But a fool must follow his natural bent
(And it wasn’t the least what the lady meant),
(Even as you and I!)

Oh the toil we lost and the spoil we lost
And the excellent things we planned,
Belong to the woman who didn’t know why
(And now we know she never knew why)
And did not understand.

The fool we stripped to his foolish hide
(Even as you and I!)
Which she might have seen when she threw him aside—
(But it isn’t on record the lady tried)
So some of him lived but the most of him died—
(Even as you and I!)

And it isn’t the shame and it isn’t the blame
That stings like a white hot brand.
It’s coming to know that she never knew why
(Seeing at last she could never know why)
And never could understand.
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Hawknain
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Mer 17 Mai - 14:52

les vampirettes ettes ettes c'est un peu betes betes betes
mais les nains c'est moin malin

AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
MES VAMPIRETTTTTTEUH

les orcs orcs orcs ça te croque croque croque
mais avec les undettes au moin c'est la fete

AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
MES VAMPIRETTTTTTEUH

quand tu croise un troll troll troll c pas de bol
mais quand c'est une vampire y a rien de moin pire

AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
MES VAMPIRETTTTTTEUH

avec une nelfeuh feuh feuh quand tu chante ils te mettent le feu
alors qu'avec une succube tous de suite c'est un tube

AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
AAAAA VOUI JE LES AIMEEEEEEUH
MES VAMPIRETTTTTTEUH
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MessageSujet: Re: Un peu de poésie   Mer 17 Mai - 14:55

Qui l'a laissé entrer? Suspect

J'avais pourtant bien expliqué aux plantes carnivores qu'Earwen a fait apparaître...
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Un peu de poésie
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