Le Cabaret Noir

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 Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)

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Seytahn
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MessageSujet: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 20:15

[hrp]Reprise de cette fiche trop longue et fastidieuse : comme ça m'est très dur de faire court, ça va prendre du temps ( donc pas faire attention au chantier en cours SVP)[/hrp]






Cette histoire est avant tout un parcours, car au delà des multiples passés et complexes personnalités que porte un Mort Vivant en lui, elle s'est construite au fur et à mesure des apprentissages, des découvertes et des rencontres de ce personnage féminin en Lorndor.
Venant du monde distillé des nuages, l'essentiel sera de maitriser celui de la Terre, ainsi, les forces et divinités telluriques pourront aider à une telle entreprise.

Finalement il n'y a peut-être pas autant de hasard dans le choix d'un nom. Seytahn peut être associé au Sheytan turc qui signifie Satan, Diable, après tout pourquoi pas : n'est-il pas l'archétype de notre ombre, cet inconnu que l'on rejete et que l'on craind ? Le Prince des Ténèbres peut être l'expérience de notre obscurité fertile pour mieux accéder à la lumière, mais la lumière est-elle vraiment le but de ce parcours ?

Etre Undead est un vaste programme, le plus dur étant de ne pas renier ces états de Mort vivant si peu recommandables et si peu glorieux. S'il est difficile de ne pas s'y perdre, il est pourtant déliceux de s' attarder sur toutes les possibilités que proposent les incarnations parfois incroyables et surprenantes de ce peuple spécial et déraciné : les transformations permettent tant de découvertes...

La Magie sera le défi quotidien d'éviter d'agir en bourrinne tout en restant pénible ( puisque du côté de l'ombre)... facéties et malice, voilà ce à quoi devraient servir les sorts de magie pour cette undeadette en plein parcours.

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MessageSujet: Re: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 20:18

[hrp] Pas vraiment de rapports avec ce qui a pu m'arriver irl, comme l'avaient demandé certains, mais, il est vrai, très touchée par ce qui était arrivé à des proches[/hrp]

C'est bien beau de venir des nuages !!! Mais si cela permet d'être loin de tout, on n'en est pas moins victime des moindres oscillations et changements de température... une seule solution, et pas des moindres : découvrir la Terre.

Mais n'allons pas trop vite... tout d'abord, pourquoi Seytahn avait-elle élu domicile dans les nuages ? Et bien ce ne fut qu'un concours de circonstances. Des rencontres spéciales avec 3 Elements, et sans ce passé on ne peut comprendre comment elle en est arrivée à être une Morte Vivante.



PASSE ( tout est lié … ) :




1- PASSE EN TANT QUE SHAETNY / RENCONTRE AVEC LE FEU :





La forêt brûlait à certains endroits.

Shaetny sentait que c’était encore un plan tordu des chasseurs.
Elle entendit le son du cors lancer sa plainte lugubre une nouvelle fois : sa fourrure abondante se hérissa au contact de cette mélodie plaintive, qui avait été fatale pour la plupart de ses congénères.

Derrière elle, une chaleur étouffante se faisait de plus en plus ressentir.

Figée par la peur et l’indécision, seules ses fines oreilles semblaient maintenant avoir une mobilité flagrante : elles pointaient alternativement dans tous les sens : l' ourse était aux aguets.

Son cœur battait à tout rompre : pourquoi sa progéniture, dans un mouvement d’affolement, l’avait quittée d’un brusque écart alors quelle venait de leur trouver une judicieuse cachette …

Et là, désormais, elle ne savait pas si elle devait l’attendre devant leur repère, ou partir à sa poursuite…
Soudain, elle perçut très finement l’appel terrorisé de son petit, tel un sanglot étouffé.




N'écoutant que les sanglots, ne sentant plus les flammes lécher sa toison roussie, elle s'élança à travers les fourrets.

Elle s’arrêta net : ils étaient là : immenses, engoncés dans des pelages couleur sang, ils portaient une drôle de fourrure noire et lisse , arrondie, brillante et pointue sur le sommet de leur crâne, et leurs pattes étaient 5 fois plus longues que les siennes. Qu’ils étaient effrayants ces humains !

Immobile comme un tronc d’arbre parmi les troncs d’arbre, elle était invisible à leurs yeux.
De toute façon, ils étaient bien trop occupés à utiliser leur coutelas, pour se rendre compte de sa présence… et d’ailleurs, ils étaient à genoux regroupés … autour…. De quoi ?
Shaetny réalisa d’un coup l’horreur de la scène : ils tailladaient son ourson encore vivant, les chiens tout autour semblaient avoir déjà commencé le « travail ».




Les feuillages … ils s’agrandirent à ses yeux… ils devinrent immenses, encore plus sombres… elle voulut s’écarter, car ils entraient en elle maintenant. Elle ne put bouger, car ils éclatèrent en mille morceaux : la souffrance venait de lui faire perdre la tête.

L’incendie suivait son cours flamboyant et ravageur.
Shaetny était toujours là, insensible aux flammes qui roussissaient ses flancs.
Seul un bruissement particulier la sorti de sa stupeur. Elle se retourna, et La vit.
Elle, La Biche Blanche. Celle que les peuples des forêts sauvages connaissait depuis des lustres, mais qui n’était qu’une légende pour ces humains.
« _ Tu ne peux pas rester là « lui dit-elle en un seul long regard de biche. Et la créature, d’une pâleur si éclatante dans la noirceur de ce que vivait Shaetny, lui ordonna ( ses yeux avaient les couleurs incandescentes du feu) :
« _ Suis-moi ! »

La biche albinos s’était élancée sur un sillage de fumée … Shaetny la suivit.
De nuages sombres en vapeurs grises, elles bondissaient toutes deux vers le ciel, loin, très loin de l’incendie.




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MessageSujet: Re: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 20:20

2- PASSE EN TANT QUE SYAN’TEH / RENCONTRE AVEC LA GLACE :


Elle les observait au loin, ils étaient regroupés autour de leur festin, et le sang se répandait sur la neige, la faisant fondre en gouttes écarlates .
La vapeur qui s’en dégageait fit se lécher les babines à Syan’teh.
Ses naseaux frémirent : l’odeur de la proie la fit encore rêver : une biche bien charnue…

La forêt, blanchie par les neiges tenaces du Grand Nord, devint silencieuse : ils avaient fini.




Ils la regardèrent. Elle fit un léger mouvement : « on peut y aller »
Syan’teh, était une louve au poil soyeux et clair, à peine visible dans les étendues enneigées.

Dans son regard on lisait une profonde révolte. Elle avait eu l’idée de libérer tous les chiens de traîneaux épuisés, sous-alimentés, et maltraités par les chercheurs d’or qui sévissaient dans leur contrée. Sa noble race subissait l’affront de devenir l’esclave de ces abrutis à 2 pattes cupides, et ça, c’était tout bonnement insupportable.
Alors, le Clan des Loups Libres , nuit après nuit, se regroupait et attaquait les campements afin de libérer leurs frères canins. Ils devenaient de plus en plus nombreux, redoutables et organisés.
Syan’teh huma l’air dans différentes directions. Plusieurs odeurs furent ainsi détectées, ses oreilles dressées ressemblérent à des radars, elle bondit dans la nuit claire, suivie par la troupe.
Ils coururent vite dans la neige qui crissait sous leurs pattes ; ils traversérent un bois, et entamérent une vaste étendue étincelante sous la pleine lune.




L’erreur fut fatale.
De plus en plus sûrs d’eux, poussés inexorablement par le sentiment de leur puissance, les membres du Clan avaient perdu l’habitude de prendre des précautions.
Syan’teh fit mal son travail d’éclaireuse, elle s’élança aveuglément vers le lac gelé, n’écoutant que les bruits du campement qui se rapprochaient de plus en plus. Les autres la suivaient de prés.
On entendit un énorme craquement. Et l’on vit toutes les silhouettes des loups glisser comme des billes dans le gouffre glacé qui venait de s’ouvrir sous leurs pattes.

Plus un bruit, seul le murmure ténu des flocons qui s’éparpillaient en tombant sur le lac blanc.




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MessageSujet: Re: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 20:21

3 - PASSE EN TANT QUE STHAYNE / RENCONTRE AVEC LE VENT :


L’enfant regardait son amie : courbée, que dis-je, cassée en deux sur son petit tabouret, son visage creusé trahissait la fatigue et la faim. A huit ans elle avait déjà des allures de petite vieille ; Sthayne en fut profondément ému.

Pâle et amaigri, il l’était lui aussi. Mais il avait encore de l’énergie, et parfois il l’aidait en cachette pour finir son travail. Il lui sourit en découvrant ses dents abîmées.
La sous-alimentation et les sévices quotidiens n’avaient pas épargné son sourire.
Elle ne le regarda même pas. Son visage restait figé devant le métier à tisser, elle semblait n’agir que mécaniquement.

Sthayne était un enfant sensible ; il sentait que sa petite copine devenait chaque jour plus absente : son esprit semblait partir de plus en plus loin, son regard devenait de plus en plus hagard.
Devant cette tragique constatation, Sthayne eut du mal à contrôler la sourde colère qui montait en lui : il en tremblait de rage : "ça ne pouvait plus durer"
Il était dans le secret : la fillette devait, en plus de son labeur de 12 heures par jour, dans la cave d’une usine clandestine (pour une piètre gamelle de nourriture) subir les ardeurs lubriques du gardien … ses petits poings se serrèrent : il fallait faire quelque chose !
La douleur soudaine d’un coup de bâton dans son dos le sortit de ses pensées : le gardien ! C’était lui !

La fureur de Sthayne s’intensifia . Aidée par la douleur physique, la faim, le manque de sommeil, le sentiment d’injustice, cette colère se déploya de façon démesurée.





Il souffla bruyamment comme un taureau dans l’arène, et l’air ainsi propulsé commença à tourbillonner autour de lui. Il devenait rouge, il respirait fort et vite, la spirale d’air entrait et sortait de lui avec de plus en plus de force et de consistance.

Et alors là, personne ne comprit ce qui se passa : une tornade se déroula dans la pièce telle un serpent légendaire. Les meubles furent soulevés et éclatés contre le mur.
Le gardien, pourtant si pesant, fut projeté directement contre le plafond, et y resta collé dans un écrabouillement épatant.

Et tous les enfants, sa copine y compris, furent emportés dans le sillage du tourbillon d’air.




Ils étaient maintenant tous là. Par milliers. Sur la route. Rien ne pouvait plus les arrêter.
Sthayne était en tête, une pancarte à la main : « Laissez les enfants grandir »
Très jeunes, très petits, très maigres, ils étaient de toutes races.
Beaucoup portaient des cicatrices… visibles, et invisibles.
La marche lente et silencieuse était impressionnante, on en parlait déjà dans les médias : plus personne ne pouvait fermer les yeux ; d’autres manifestations enfantines s’organisèrent dans d’autres pays. Bientôt, la planète fut traversée d’Est en Ouest, du Nord au Sud, par un immense sillon de petits bonshommes contestant les maltraitances dont ils étaient victimes.
Sthayne s’arrêta soudain : il reconnut la présence du vent. Il fut soulevé d’un coup sec et personne ne sut comment il avait disparu.
Mais la marche était enclenchée.
Inexorablement.




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MessageSujet: Re: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 20:22

4- PASSE EN TANT QUE SATYNEH / RENCONTRE AVEC L’EAU :



La jeune Dame attendait majestueusement sur les berges du Lac.
L’aube d’un jour ensoleillé commençait déjà à iriser les vapeurs qui se dégageaient des eaux sombres.

Pas une ride ne froissait le calme miroir aquatique, reflétant fidèlement les ténébreux sapins de la Montagne Noire.
Pas un son ne venait troubler la Dame immobile et recueillie… seuls quelques discrets clapotis chantonnaient la douceur matinale.
Mais cela ne durerait pas, elle le savait : bientôt les touristes, qui savaient se faufiler dans les endroits les plus escarpés et sauvages, débarqueraient avec leurs sacs de pique-nique.
Et Satyneh la Fée n’aimait pas les regards indiscrets.

Alors elle accomplit le rituel quotidien, avec des gestes tout aussi rapides que mesurés :
Les galets les plus lisses et les plus ronds furent disposés en cercle autour d’elle, et furent rajoutés des cristaux de roche aux quatre points cardinaux.
Elle prit de l’eau du Lac dans ses mains, et entra dans le pentacle, ainsi formé par 2 triangles invisibles, en se plaçant en son centre exact. Et, avec la rapidité de l’éclair et la précision d’un savant, ses mains dessinèrent dans les airs des figures sinueuses, tout étant calculé dans l’espace et le temps.
Elle reproduisit cette scène dans les 4 directions opposées. Et ses mouvements étaient si gracieux et limpides qu’on aurait dit une chorégraphie aquatique.
Elle ouvrit les yeux, certaine du résultat : en effet un brouillard opaque s’était abattu sur les rives ; le Lac était maintenant protégé.




Le contact de l’eau froide ne la gêna pas le moins du monde.
Sept heures, sonna le carillon au loin vers la vallée : elle avait encore le temps de nager longuement avant de rejoindre sa Corporation.

Satyneh aimait bien sillonner les sources, les cascades et les rivières avec ses amies les Fées, pour déboucher dans les fontaines où les attendaient les humains malades.

Mais elle préférait participer aux travaux de menuiserie. Là, elle retrouvait Talub, cet homme fort et mature qui lui glisserait furtivement des regards lourds de promesses. A l’occasion de leurs déplacements dans le travail, elle le sentirait passer tout prés derrière elle, son léger souffle chaud lui parcourant la nuque : frisson garanti, avec en surplus ce vague souvenir d’un monde de glace … où était-elle allée chercher ça…
Et, Talub, toujours très discret, lui glisserait un petit message dans sa ceinture.


Satyneh nageait toujours, voluptueusement, délicieusement plongée dans ses pensées.


Soudain, dans la transparence toute relative des eaux, Satyneh crut entrevoir une roche sculptée parmi les algues. Sa forme cylindrique lui fit penser à un pierre tombale.





Elle voulut en avoir le cœur net, et plongea dans les profondeurs du lac en direction de cette somptueuse roche.

Flottante dans la masse informe de l'eau, elle réussit néanmoins à s'assoir dessus et caressa les bas reliefs qui l'ornaient... des caractères qui lui étaient familiers mais qu'elle ne pouvait traduire. Une crainte soudaine la traversa.

Et là se produisit l'impensable :
Au lieu de sentir le contact froid et dur de la pierre, elle trouva du mou et du vide, elle sombrait dans de la vase, sans comprendre pourquoi. Elle fut happée par un tourbillon aqueux qui l’entraînait dans des profondeurs sans fin. Plus elle se débattait, plus elle était entraînée dans des remous visqueux et quasi irrespirables.
L’eau terreuse était devenue son ennemie et l’emportait vers d’autres mondes…
Elle regretta le moment où elle atteignait enfin une base solide : on aurait dit du carrelage froid.



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MessageSujet: Re: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 20:23

*********************************
LE PRESENT : RENCONTRE AVEC LA TERRE :

A- préambule :
Donc, comme je le disais plus haut, il est temps d'aller vers la Terre... de passer de l'autre côté du miroir... de quitter le monde des nuages... C'est ainsi qu'il en a été décidé pour Seytahn qui pourtant coulait des jours heureux en tant qu'Ondine.




********************************


B – L’EPREUVE DU PASSAGE ( t’es pas sage ! )

Plusieurs grands seaux d’eau froide sont renversés sur son corps inanimé, sans aucun ménagement. Satyneh, vivifiée par cet apport d’eau qui déjà lui manque cruellement, choisit pourtant de ne pas bouger. Elle pressent qu’à partir du moment où elle se relèvera, son destin s’enclenchera dans une bascule irréversible.

Sans se faire attendre, des mains fermes l’agrippent et la secouent
:
- Allez ! Lève-toi ! (lui ordonne sèchement une voix féminine et profonde.)


Une très grande femme au port de reine se dresse devant elle. Belle et âgée, ses yeux brillent d’un vert pailleté d’or, mais son regard est avant tout inquisiteur. Ses cheveux cuivrés ondoient savamment autour de ses épaules découvertes.

Anthidéa, car c’est ainsi que la dame se nomme, repart lentement s’asseoir derrière le pupitre où l’attend son comparse masculin.
Celui-ci se la joue « Roi-Lion » : il secoue régulièrement sa chevelure argentée qui fait des vagues sur un crâne en voie de dégarnissement. Curieusement, il porte un masque et des gants de chirurgien.

La pièce dans laquelle se trouve Satyneh est d’une froideur incommensurable. Carrée, blanche, sans apprêt, en plus elle sent le formol.
Elle cherche instinctivement où sont cachés les instruments de torture.

De plus en plus effrayée et dégoûtée par l’atmosphère morbide qui se dégage de ces lieux, elle tente d’y repérer une porte de sortie. Stoppée dans sa prospection, la voix d’Anthidéa retentit :


- ne t’inquiètes pas, tu vas bientôt repartir ! le ton est sarcastique.

Alors, le monsieur, se présentant sous le nom de Prodéus, questionne de sa voix caverneuse, étouffée par le masque :


- tu… t’amusais … bien, là-bas ? susurra- t’il.
- peux-tu nous expliquer ? (l’intonation de la voix semble toute aussi ironique).

Satyneh ne comprend pas pourquoi ils semblent lui demander des comptes, ni ce qu’ils ont l’air de lui reprocher.
Son sens habituel de la répartie s’en trouve atrophié. Seule la crainte et la confusion règnent dans son esprit, et la situation lui échappe complètement.

Que répondre alors, sinon la bête vérité :

- ben… heu.. on chantait, on dansait, on soignait, on nageait, on travaillait toute forme d’art, on bâtissait une Arche et ..

- STOP !! ( Anthidéa hurle. Elle reprend sur un ton complètement différent, presque doux) :
- figure-toi qu’on s’en contre-fiche ! Voyons-voir … de quelle lignée es-tu ? Est-ce que tu te souviens seulement de cela ?


Encore une fois désarçonnée, Satyneh ne sait que dire. Mais de quoi parlent-ils ? Elle constate, affligée, que sa mémoire lui fait défaut au moment où elle en a le plus besoin .


- Bref ! ( reprend Anthidéa).
on ne va pas perdre plus de temps avec toi ! Apprends seulement que tu es la descendante de Hel, et parente de Vaïcis ! Que Lilith, et toues les déesses mères telluriques doivent être tes seuls guides désormais !
Et tâche de ne pas l’oublier !




La Fée se recroqueville sous le poids des imprécations.
Mais c’en n’est pas fini pour elle : Prodéus se lève, et s’approche d’elle avec des airs d’auscultateur :
Il passe ses mains en radars autour d’elle, et son diagnostique est sans appel :

- atrophie du Côté Gauche ! sur-investissement du Côté Droit ! Tous les éléments sont présents, sauf la Terre ! Trop de rêves ! Mais elle se prend pour qui ? Trop d’idéaux ! Elle ne pense qu’à sauver la veuve et l’orphelin, mais ne se donne pas la peine d’utiliser les outils adéquats pour cela !

Satyneh n’écoute même plus ; elle sait se transformer en flaque d’eau pour se sortir d’une situation embarrassante, ce qu’elle fait aussitôt ; mais Anthidéa, en levant les bras d’un mouvement dramatique, la fait revenir à sa forme initiale.
La Fée, ayant plus d’un tour dans son sac, se change en vapeur, et la pièce en est toute humide ; Anthidéa souffle dans ses mains, et Satyneh réapparaît aussitôt, fort désappointée.
C’est alors qu’elle remarque la présence discrète d’un troisième personnage, assis dans pénombre d’un recoin. Elle ne distingue pas les traits de la créature certes silencieuse, mais dont la présence est très forte. De ses épaules dépassent des plumes sombres. Un ange, se dit-elle, perplexe. Un Ange Noir ! Ils existaient vraiment ! Elle n’en avait jamais rencontré auparavant, et elle se questionne sur les raisons de sa présence.

Satyneh est vite tirée de ses réflexions, car Prodéus lui fait quelque chose de terrible :
Il lui pompe à l'aide d'une canule d'aspiration tout ce qu’elle avait de son Côté Droit, la laissant vide de ses mémoires et de ses facultés créatrices.

Anthidéa lui dit :

- tu viens de perdre tous tes pouvoirs ! tu devras apprendre à utiliser la Terre, et tu seras bien obligée d’assimiler toutes les connaissances qui te sont rébarbatives : calculs, stratégies de combats…. On va t’envoyer sur Lorndor ! Allez, du vent, de l’air et du Balai !
Adieu Satyneh, tu vas vivre en tant que Seytahn, maintenant !



Au fond de la pièce une porte s’ouvre : un appel d’air l’y attire fatalement.
Elle ne sait pas où elle va , mais elle sait qu’elle y va, indubitablement, sans pouvoir rien faire pour empêcher ça. Avant de passer la porte elle jette un dernier coup d’œil en direction du personnage à plumes, mais il semble déjà disparu.

Elle se sent emportée dans un tunnel noir, dans une descente vertigineuse. Elle est ballottée de droite à gauche, jusqu’à ce qu’elle s’arrête momentanément contre un rebord.
Profitant du répit que lui offre le suspend de sa chute, elle reprend sa respiration.
Quelqu’un est là, un peu plus loin dans le retranchement. C’est l’Ange Noir . Il lui tend un parchemin doré, qu’elle attrape aussitôt . Elle essaie de s’agripper à lui, mais sa descente reprend son mouvement infernal.
Elle a juste eu le temps de se saisir d’une plume noire.



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MessageSujet: Re: Le Parcours de Seytahn, Undead magicienne ( raccourcie)   Dim 28 Mai - 21:11

C- Naissance et Solitude :

Seytahn est sonnée : elle a mal partout. Et une forte migraine l’emporte sur le nombre impressionnant de toutes les autres douleurs … Elle ouvre un œil, mais n’y voit que du noir … une sensation d’étouffement commence à se faire de plus en plus précise : elle réalise qu’elle est enfermée .

Avec ses deux mains elle palpe les abords étroits qui entourent son univers rétréci. Mais une des mains est déjà prise par un objet fin et doux : on aurait dit une plume … tiens donc …et l’autre tient des feuillets ! Pour palier au plus urgent, elle libère ses mains en enroulant le parchemin dans ses cheveux, ( forts longs, d’un coup, étrangement) et en maintenant le tout attaché en y piquant la plume. Ceci tant bien que mal, dans ce réduit rectangulaire contre lequel elle bute au moindre de ses mouvements.




Au fur et à mesure de ses tentatives pour pousser le plafond (en espérant que ce soit un couvercle) elle craint de plus en plus avoir été enfermée dans une bière.

On avait du la prendre pour morte par erreur, se dit-elle.
Pourtant, en partie, elle se sentait bien vivante !
Au moment où l’air se raréfie dangereusement, prise d’une colère désespérante ( avoir fait tout ça pour rien !), elle réunit ses dernières forces en une poussée ultime, de ses bras meurtris, et le toit de sa morbide demeure cède : il s’agit bien d’un cercueil.

Le couvercle ainsi propulsé chute sur une pelouse vert-artificiel, en produisant un bruit décalé, qui ne correspond pas aux sons familiers des couvercles quand ils tombent dans l’herbe.
Ces petits détails déconcertent Seytahn, elle suspend son pas, interdite.

Elle entend comme venant de très loin des voix amies, mais les voix s’éloignent, abandonnant Seytahn dans ce monde irréel.

Elle se sent quand-même ragaillardie par ces communications lointaines, et se met à gambader de ci, de là, sans but, histoire de prendre contact avec la nouvelle campagne pittoresque qu’elle se doit de visiter … pour très peu de temps : elle se retrouve rapidement immobilisée, sur place, prise par une telle fatigue qu’elle ne peut plus faire aucun mouvement.

Atterrée, elle choisit d’inspecter les lieux d’un regard observateur :
Des ossements traînent par endroit, « sûrement des carcasses de gibier », songe-telle.
Des flaques de sang détonnent avec le vert fluo du terrain : « on a saigné un mouton, pour un sacrifice, sans doute… »

Des débris d’armures et d’armes gisent un peu plus loin, criants de vérités :
« je dois être tombée en plein tournage de film de guerre », conclue-t-elle.

Mais un sourd malaise grandit en elle, qu’elle n’arrive pas à définir …

Les silhouettes menaçantes qui se profilent encore plus loin dans des vapeurs de poussières finissent par lui confirmer ce qu’elle ne voulait pas croire : elle se retrouve sur un champ de bataille !!

Un vent léger lui fait froid dans le dos : elle réalise aussi qu ‘elle est fort dévêtue. Seytahn constate avec amertume, qu’elle n’a conservé que des loques de sa robe de Dame du Lac ; elle s’empresse de ramasser ces haillons autour d’un corps bien mal en point.
Soudain elle voit du monde autour d’elle : les silhouettes s’étaient silencieusement rapprochées !
Les troooooonches !

Ils ont un look à faire peur aux plus endurcis des guerriers.
Méditative, Seytahn essaie de se rappeler la raison de sa présence ici.

La seule réponse qu'elle y trouve, dans le silence de ce monde ravagé par les combats, c'est un grand sentiment de solitude.


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